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Lire en fête 2005

Bibliothèque de Piton Saint-Leu

Le goût et la gourmandise  

 

 

En nous inspirant de Georges Armand MASSON et de ses expériences de "chirurgie verbale (lire Tocnurne) ",  de la technique du "motissage" décrite par  Bruno Coppens et Pascal Lemaitre (L'atelier des mots, Casterman),  nous avons entrepris un chantier de greffes de mots, activité cohérente avec le thème fixé pour l'animation "Lire en fête" à la médiathèque de Piton Saint-Leu : le goût et la gourmandise. 

 

Le travail s'est fait en trois temps

 

1) La création  de nouveaux fruits

 

- Constituer un corpus de "fruits pays" et les reproduire sur de larges étiquettes (jouer sur la typographie : varier les caractères, la  taille, la couleur) 

 

 

- Découper les étiquettes, puis les fruits en "morceaux" (syllabes ou groupes de syllabes)

 

 

-  Assembler les "morceaux" pour constituer de nouveaux fruits. 

 

 

2) La description des propriétés des fruits créés

cliquez sur les images pour les agrandir

 

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Le bibi.coma

Le cocobava

Le jucodine

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Le julimbi

La tabadine

 Le  totozatte

 

3) L'utilisation des fruits créés dans le cadre d'un conte. 

 

Texte tuteur : Pou in grape  lètshi de Axel GAUVIN. 

Les enfants sont  invités à respecter  la trame du conte mais à varier les situations et les motifs.  

 

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Voici le texte produit 

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Il était une fois, dans la Réunion du temps lontan, un roi. 

 

Ce roi avait tout vu, tout su, tout bu, tout usé. Il s’était avancé jusqu’au bout de son règne et son vieil âge le laissait désormais sans goût. Désabusé.

 

Sa fille s’en inquiétait. Elle avait peur que son père finisse par perdre le goût de vivre.  

*                *

*  

 

 

*                *

*

 

Un beau matin, à son réveil, il fait appeler sa fille. Sa fille qu’il aime le plus au monde.

·         - Mon père. Vous m’avez l’air bien fatigué.  Je vous trouve blasé. Lassé de tout. Vous faites peine à voir !

·         Pour te dire la vérité mon enfant, je voudrais que tu m’apportes un fruit qui serait bon, sucré, juteux, un fruit que je n’ai jamais mangé.

   

*                *

*

 

La jeune fille se retire en laissant son père à sa tristesse.

Elle rassemble les gardes du roi et fait monter jusque sa chambre les trois plus courageux.

 

·         "Écoutez-moi bien, leur dit-elle,  j’ai entendu dire qu’au lieu dit Piton Saint-Leu, au pied d’une grande cheminée, pousse un verger extraordinaire dans lequel  des enfants cultivent des fruits fantastiques : des cicotrons, mariage du coco et du citron, des combardines qui sont des combavas gros et parfumés comme des barbadines, des mélimelons qui produisent sur l’esprit des effets surprenants, des jubasses meilleurs que les jujubes et les bibasses.

·        Allez trouver ce jardin. Il faut absolument guérir mon père. Ces fruits lui redonneront peut-être le goût des bonnes choses. Celui d’entre vous qui me les ramènera sera couvert d’or".

 

*                *

*

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les gardes du roi se mettent en route. Ils voient de loin la cheminée. Elle se dresse fièrement face à la mer à  l’entrée d’un verger. Les arbres couverts de fruits étranges, sont gardés par une vieille dame. Une femme que tout le monde craint dans le village.

 

*                *

*

 

Le premier garde s’avance. Il explique à la gardienne qu’il est là sur ordre du roi. Qu’elle doit lui donner aussitôt et sans plus attendre un fruit très sucré qui laisse dans la bouche un goût  de jujube, de coco et de grenadine.

·         - Je veux bien vous laisser cueillir la jucodine, lui dit la vieille, mais pourriez-vous me rendre un service ?

·         - Un service ? 

·         - Oui, j’attends la pluie depuis des mois mais en vain. Je dois arroser mes plantes avec l’eau du puits. Pourriez-vous m’aider à remonter un seau d’eau pour rafraîchir mes jeunes arbres  ?

·         - Impossible. La princesse m’attend et on ne fait pas attendre une princesse. Je vous ordonne de me montrer où se trouvent les jucodines !

 

La vieille désigne un arbre au centre du verger. Le garde se précipite. Il ne sait pas qu’il court à sa perte. Au pied de l’arbre, poussent des plantes carnivores. Elles ne font qu’une bouchée du soldat.

 

*                *

*

 

Ne voyant pas son camarade revenir, le deuxième garde va au devant de la vieille dame.

 

·         - Monsieur, s’il vous plait, mon four à chaux est éteint faute de chaux. Je n’ai plus la force d’aller sur la plage, ramasser les coraux. Pourriez-vous aller en chercher pour moi ?

·         - Vous vous trompez ! Je ne suis pas un ramasseur de corail. Je suis venu chercher un fruit merveilleux capable de redonner au roi le goût de vivre. Où sont les Julimbis ?

 

Le garde pense à l’or dont il va être bientôt couvert en ramenant à la princesse les fruits tant attendus. 

La vielle dame montre du doigt un arbre qui pousse au fond du jardin.

 

Pendant qu’il est entrain de cueillir les fruits, le garde ne voit pas les ronces denses s’épaissir tout autour de lui et le sol s’ouvrir sous ses pieds.

 

 

*                *

*

Fatigué de son voyage, le troisième garde s’est endormi. A son réveil  il s’étonne de ne pas trouver les deux autres. Il se précipite à leur recherche et trouve la vieille au bord du puits, s’épuisant à faire remonter un seau d’eau.

·         - Laissez-moi faire.

·         - Auriez-vous la gentillesse de me rendre un autre service ?

 

La vieille lui parle de son désir de rallumer son four à chaux.

Notre homme lui propose aussitôt de descendre vers la mer à la recherche des coraux qu’elle n’a plus la force de remonter.

 

Sur le chemin du retour, le troisième garde s’étonne des parfums et des senteurs qui viennent lui chatouiller les narines et le faire saliver. Elle ne peuvent venir des herbes jaunes de la savane. Elles sortent bien de sa bertelle !

Il s’arrête. Ouvre son sac.

 

Mon dieu !  A la place des  coraux blancs qu’il a chargés, le bonhomme trouve des fruits aux formes bizarres, plus colorés et plus parfumés les uns que les autres.

Il prend aussitôt la direction du château pour les ramener à la princesse.

 

 

*                *

*

 

Le roi organisa une grande fête. Les convives eurent droit à une magnifique salade de fruits qu’ils mangèrent en présence du jeune homme couvert d’or .  

 

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