Les dossiers de l'ARCC : Couleur saphir n°108

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Enregistrement réalisé 

au cours de la rencontre 

 

Bob, arcc, cd.jpg (85274 octets)

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organisée le 25 mars 2007 

au siège de l'ARCC

 

 

 

Sommaire du CD

 

Piste 1 : Présentation de Daniel Lauret - De la vision universitaire à la créolité quotidienne - 6 min

Piste 2 : Entre IUFM et création littéraire, roman réalité et docu-fiction - 3 min

Piste 3 : Du constat à l'action - 4 min

Piste 4 : L'émergence de Radio Freedom - 4 min

Piste 5 :      Place à la parole libre et vigilance des animateurs - 1 min

Piste 6 : Émissions spécialisées : écouter et conseiller - 2 min

Piste 7 : " Freedomillion " et "Chaleur Tropicale" - 5 min

Piste 8 - 9 - 10 : Extraits de "Bob' lus par Arlette Nourly - 23 min

Piste 11 : La ré appropriation du texte par le lecteur - 1 min Piste 12 : Les personnages du roman - 2 min

Piste 13 : Les appels croisés font naître l'histoire - 3 min

Piste 14 : Une formule simple et populaire - 2 min

Piste 15 : Réaction de Chloé, antienne animatrice - 1 min 

Piste 16 : Azalées Éditions : un coup de cœur pour le texte - 2 min

Piste 17 : Absence de pressions sur le manuscrit - 1 min

Piste 18 : Entre populisme et éclairs de génie - 3 min

 

 

Présentation : Albert WEBER

 

Une tranche de vie de la Réunion d'aujourd’hui" :Daniel Lauret qualifie ainsi son « Freedo roman ». Si au fil des ans, Freedom a acquis une telle popularité, c'est que la station répond quotidiennement à une vieille frustration. Les auditeurs passifs du monopole d'Etat sont devenus acteurs et témoins de leur vie et, par conséquent, de celle des autres.

"Où est le médiateur dans tout cela ?" lance avec lucidité l'éditeur Christian Vittori en évoquant ce roman où « l'agora du média semble se confondre avec la place publique. Elle est cette place ou le populisme accom­pagne quelques éclairs de génies ».

Les émissions de Freedom font souvent jaillir un mal de vivre, entre angoisses et dénonciations, conseils pratiques et ladi-lafé : un flot de paroles entre hésitation et détermination, en français et/ou en créole. Place à une expres­sion populaire spontanée où explosent barrières linguistiques et combats pour la promotion d'une langue créole synonyme d'identité.

Pas étonnant que cette "langue freedomienne" me rappelle le "chiac" du Nouveau-Brunswick, curieux mélange d'anglais/français irritant tant d'Acadiens. Même démarche linguistique sur Freedom. Ici on parle, on crie et on pleure aussi en jonglant avec aisance et sans complexe entre français et créole. Comme s'il fallait que toute la Réunion partage - entre voyeurisme et compassion - les douleurs, joies et espoirs des fidèles auditeurs anonymes.

Voilà pourquoi les personnages de « Bob »- titre-clin d’œil à un animateur - sont tour à tour touchants et irritants, sensibles et dénués de tout sentiment.

Matériel et studios de fortune, manifestations pour la liberté d'expression, revues de presse décoiffantes de Camille Sudre des années 81-82, participation à des soirées de soutien, etc... Pour avoir vécu comme journaliste au "Quotidien de la Réunion" la formidable époque de la libération des ondes, ce livre de Daniel Lauret m'apparaît utile et instructif.

Au-delà des incroyables trajectoires politiques de Camille et Margie Sudre nées de l'efficace contestation du monopole de la station du Barachois, l'évidence s'impose : Freedom reflète une société où le besoin de se raconter va de pair avec l'envie d'en savoir toujours plus sur l'Autre.

Après tant d'articles rédigés au début des années 80 sur les initiatives clandestines, rencontres officielles et provocations publiques liées à l'émergence des radios privées, la boucle est bouclée grâce à ce roman-dialogue de Daniel Lauret.

A défaut d'offrir réponses et solutions, Freedom est devenu un puissant contre-pouvoir qu'utilisent/manipulent des auditeurs aux attentes diverses : débat de fond, infos-trafic, drague, défense des consommateurs, etc…

Caisse de résonance d'une parole réunionnaise spontanée, la radio s'affirme comme miroir d'une île en quête de repères. Et « Bob » en reflète les paradoxes et exagérations. 

A. W.

 

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